Message archivé :
Ajouté par J-P. Carrière, Directeur DA le 28 août 2009 à 17:18
en réponse à POLYTECH DOIT QUITTER L'APERAU, ajouté par gille le 28 août 2009 à 10:29
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Que la transformation de l'ex-CESA en Département Aménagement de l'Ecole Polytechnique de l'Université de Tours suscite des discussions, cela me semble naturel ! Que les anciens étudiants des Instituts de l'APERAU s'insurgent contre l'évolution du concours d'IT, cela se comprend parfaitement ! Mais que le débat tourne à l'imprécation avec des argumentations infondées, cela me paraît dangereux pour l'ensemble du milieu de l'aménagement-urbanisme. Je rappellerai que le DA ne délivre pas qu'un diplôme d'ingénieur en Génie de l'Aménagement, mais aussi un Master recherche "Villes et Territoires" et un doctorat en Aménagement de l'espace et urbanisme. Les étudiants sortis de ces formations sont confrontés aux mêmes problèmes que ceux des autres instituts. Par ailleurs, la formation d'Ingénieur en Génie de l'Aménagement n'a été habilitée par la CTI qu'en 2005, ce qui implique que tous les étudiants inscrits avant dans les formations du CESA voient également leur participation au concours remise en question. C'est pourquoi, le DA est très activement intervenu auprès du CNFPT pour faire reconnaître autant que possible le caractère scientifique et technique des dossiers des candidats issus de toutes les formations de l'APERAU, et ceci en pleine concertation avec le bureau de l'APERAU. La formation d'Ingénieur a fait l'objet d'une évaluation non seulement par la CTI, mais aussi par l'APERAU qui a conclu à son adéquation avec la charte de l'Association. Il est clair qu'elle est l'héritière des formations autrefois dispensées par le CESA, la différence s'expliquant principalement par le renforcement des bases en Sciences de la Nature et le renforcement d'enseignements en ingénierie territoriale et en ingénierie urbaine, sur l'ensemble des trois années. Cela s'explique aisément par l'histoire du CESA, fondé par V. Labeyrie, Professeur de Biologie, en 1969. Celui-ci n'utilisait pas le terme de développement durable, mais s'était fixé comme objectif initial de créer une Ecole d'Ingénieur formant à l'Aménagement par l'interdisciplinarité et en articulant Sciences de la Nature et SHS. Ce projet ancien de 40 ans n'avait évidement aucun rapport avec l'accès à la fonction publique territoriale qui n'existait pas alors ! L'évolution récente n'est donc que l'aboutissement d'un très long combat visant à faire reconnaître comme relevant de l'ingéniorat une formation où SHS et Sciences de la Nature pèsent d'un poids à peu près équivalent dans les volumes d'enseignement ; une formation privilégiant une pédagogie de projet (38 semaines au total d'ateliers et de stages - près d'un tiers des enseignements sous forme de travaux pratiques). Vincent Labeyrie écrivait en 1973 : " La coupure traditionnelle entre les Sciences de la Nature et les Sciences de l'Homme a empêché ceux dont les interventions contribuent à aménager les activités, de saisir la portée exacte de leurs actes...la crise de l'environnement [citation de 1973 !] et un aménagement judicieux des différents types d'espace impliquent le développement parallèle de formations de différents spécialistes, architectes, juristes, psycho-sociologues [...] et d'aménageurs qui ont eux une vision plus globale de l'ensemble des problèmes... Tout programme d'aménagement suppose une connaissance du fonctionnement des systèmes naturels, mais les espaces où l'homme doit intervenir ne sont pas vierges; partout l'homme a laissé les traces de son histoire". Ces citations de 73 ont gardé toute leur actualité et fondent toujours le projet pédagogique de la formation actuelle. On ne peut que se féliciter de voir la CTI reconnaître la pertinence de formations ayant pour objet un aménagement prenant en compte l'environnement, ce qui révèle en soi une évolution certaine dans la conception de ce que sont des formations d'ingénieur, qui ne se réduisent plus toutes à une dimension purement technologique. Si on n'admet pas cela, comment comprendre alors que la CTI dans ses préconisations de 2008 (en 2008 la formation a été réhabilitée pour 6 ans) a demandé de rajouter un module supplémentaire de SHEJS (Sciences Humaines, Economiques, Juridiques et Sociales) dans chacune des trois années à ce qui existait déjà ? Le propos désobligeant et anonyme sur la dégradation de la formation depuis l'intégration à L'Ecole Polytechnique de Tours semble ignorer les fondements de nos choix (je rappelle que l'équipe du DA est presque la même que celle qui faisant fonctionner le CESA ! Cette équipe de 25 Enseignants-chercheurs permanents ne me semble pas être composée que de gens irréfléchis !). Quant au site sur lequel on trouve une prétendue mise en cause de l'évolution de l'enseignement, je préciserai simplement qu'il ne concerne que la spécialité Informatique et non le Génie de l'Aménagement, et qu'en toute hypothèse ce genre d'évaluation "sauvage" n'a aucune valeur. J'ajoute que l'évolution vers l'ingéniorat ne semble pas avoir posé de grands problèmes aux organismes professionnels commanditaires et partenaires du DA. Pour terminer, Je veux dire ici que le CESA/DA a tout sa place dans l'APERAU dont il a été co-fondateur grâce à la personne de son ancien directeur, René Perrin. Il l'a encore prouvé en organisant en mai dernier les journées de l'APERAU-International sur "Comment former au développement durable dans les instituts d'aménagement?", journées dont je me plais à penser qu'elles furent un grand succès. Dernier point : il conviendrait de cesser de penser que le DA de Tours est partie prenante dans l'adoption du décret du 10 février 2007 organisant le concours d'IT, qui s'est faite à son corps défendant, comme l'APERAU peut elle-même en attester. |
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