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Oui...

Ajouté par Eric le 05 septembre 2009 à 23:08
en réponse à Enseignements des Assises de la SFU, ajouté par SFU Junior le 05 septembre 2009 à 12:00

Ca c'est clair, entrer en M2 directement est à mon sens stupide. Pour que les choses soient claires : j'ai un parcours atypique : master 1 projet urbain IUG, master 2 recherche en urbanisme, mémoire en gros sur la morphologie urbaine + stage de 6 mois équivalent du stage M2 projet urbain.

L'histoire de la conceptualisation, je suis ok.

Le problème vient plutôt de la demande des recruteurs. On m'a dit par exemple "On ne cherche pas un expert.", autrement dit "trop théorique". Ailleurs, on m'a demandé si dans mon stage j'avais été en contact avec des élus, et si oui, sui je menais la discussion.
Les stages proposés sont le plus souvent des stages de SIG, de rédaction de fiches, d'accompagnement du maître d'ouvrage, mais en aucun cas des stages qui apprennent les ficelles du métier. Un stagiaire ENTPE est confronté à la réalité, comme tout stage ingénieur, car leur stage est bien celui d'un ingénieur, et non d'un technicien, ou d'un "café man".

L'atelier de l'IUG se fait en collaboration avec des élus, des techniciens, et répond à une commande publique. Le problème vient plutôt qu'un urba doit savoir faire la synthèse, conseiller, convaincre des élus, ou accepter d'être convaincu par les élus, et souvent dans un petit service, pas comme dans un atelier à 30 ou 15.

Honnêtement, mes connaissances en morphologie me sont QUASI inutiles. A chaque fois les recruteurs n'en ont rien à foutre, car pour eux, qu'ils soient d'un bureau privé, ou d'une collectivité, ce qui compte c'est la manière dont je pourrai convaincre un autre acteur, ou alors mes connaissances techniques spécialisées : génie civil, code des marchés, carto, droit.

En sortant d'un institut d'urba comme celui de Grenoble, on a un bagage en droit, on comprend à peu près les processus, on a une initiation à la morphologie... mais pour un trouver un taf, on est comparé à plein de profils : ingénieurs, commerciaux, autres urbanistes, architectes... et eux ont des compétences que nous n'avons pas.

Ensuite il y a des cours "de vie" qui manquent cruellement dans nos instituts : recherche de travail, entraînement aux entretiens (les questions n'ont rien de "chelou" si on s'y attend, et si on sait quoi y répondre), carrière.

Le choix du stage est primordial. Si vous faites un stage de SIG-urbanisme, vous serez catalogué pendant longtemps comme "Sigiste", sans le diplôme adéquat... si vous faites de la programmation d'opération, vous serez vu comme un chargé d'op. Le problème, c'est que c'est la même formation qui mène à ces métiers aussi divergents.
Or pour le stage il n'y a quasi aucun accompagnement, à la différence d'une école d'ingé qui a (je parle des ENSI) un vrai réseau de professionnels. Nous c'est truc-much copain du prof tartampion, qui a une légitimité aussi valable que la mienne pour faire cours, accueillir des stagiaires, etc.

Pour ma petite expérience j'ai réalisé à la fin que j'aurais dû faire une école d'ingénieur, et donc des études scientifiques dès le départ. Ca me dégoûte car j'en avais la possibilité, mais que je n'ai découvert l'urba qu'à la fac d'histoire.

Enfin pour moi, l'OPQU restera une blague tant que l'Etat ne sera pas plus impliqué. les ENSI s'appellent ainsi, parce que l'Etat paie une commission ad-hoc qui dit si telle ou telle école est habilitée à délivrer un diplôme d'ingénieur. Nous, c'est à l'étudiant de se faire son idée, au milieu d'un monde de com. Exemple : que vaut l'IFU par rapport à l'IUG ? Comment voulez-vous répondre objectivement ?

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