Message archivé :

@ Nico : lisez bien le NB !

Ajouté par SFU Junior le 18 juillet 2010 à 13:23
en réponse à ?, ajouté par nico le 18 juillet 2010 à 10:37


Il me semble que ce point de vue nie l'existence même des spécificités de notre profession et occulte l'expertise essentielle des instituts d'urbanisme qui forment chaque année près de 900 urbanistes.


Je ne m'attarde pas sur l'argument avancé par les auteurs pour justifier le primat de l'ingénieur sur les métiers de l'urbanisme, celui de "l'incontournable technicisation grenellienne", idéologie parfaitement intégrée par les corps d'ingénieurs d'Etat et aujourd'hui systématiquement convoquée pour se racheter une bonne conscience, des décennies après avoir défiguré nos villes (avec leurs "modèles de trafic" tous plus erronés les uns que les autres, Cf. les écrits de Marc Wiel).

Je ne reviens pas non plus sur le postulat de base des auteurs : "les sciences humaines et sociales ne sont pas des sciences et ne requièrent aucune technicité! " (une croyance très française qui, pour un chercheur anglo-saxon en sciences sociales relève de l'hérésie pure : que ces messieurs aillent expliquer cela sur un campus comme Berkeley... ils en seront pour leurs frais).


Non, ce qui me semble être le plus grave est surtout, le Nota Bene de la tribune (édifiant de malhonnêteté) et qui mérite assurément un droit de réponse :


"
NB :
(1) En ce qui concerne l'accès à la fonction publique territoriale via le concours d'ingénieur territorial les actuelles formations en urbanisme, les masters, ne présentent pas le contenu technique ou scientifique applicable à cet exercice professionnel.

Que valait le cadre d'emploi des ingénieurs dès lors que le concours a permis à de nombreux juristes et autres politologues d'accéder à des fonctions techniques supérieures ce qui n'était pas forcément ce qu'attendaient les Maires, Présidents de Conseils Généraux et Régionaux et en tout cas les directions concernées par ces recrutements ?

Ces élus et les donneurs d'ordres se plaignent de cette situation et demandent une situation clarifiée, ils souhaitent s'appuyer sur des agents formés à certaines disciplines du cœur de métier (d'urbaniste) et aux sciences et techniques appliquées à ces disciplines. "


Allons bon! Les élus se plaignent des juristes et des politologues? Ils se plaignent de la qualité des Masters d'Urbanisme dispensés dans les formations universitaires et les Instituts d'Urbanisme? Est-ce que les auteurs de la tribune ont des preuves, des témoignages d'élus pour valider leurs allégations? A l'inverse, et cela contredit magistralement les affirmations de ce NB, le Collectif National des Jeunes Urbanistes a engrangé le soutien de nombreux élus locaux : de parlementaires, de présidents d'associations d'élus, de présidents de communautés, de maires, de présidents de conseils généraux et de conseils régionaux. 300 élus qui ont dénoncé explicitement l'éviction des diplômés des Instituts d'Urbanisme à la mention urbanisme du concours d'ingénieur territorial.


La "signature" d'un des deux auteurs m'interpelle également : elle laisse à penser que c'est l'AITF qui fait la doctrine de l'OPQU sur le contenu des formations en urbanisme. Le Collectif National des Jeunes Urbanistes qui mène actuellement une enquête sur le devenir professionnel des 800 diplômés en urbanisme issus des formations universitaires, principalement dispensées dans les Instituts d'Urbanisme, aura très certainement l'occasion de démonter, chiffres à l'appui, les arguments grossiers avancés dans cette tribune. Comment? En démontrant que notre profession est beaucoup plus ouverte que cela et fait davantage appel à des compétences d'analyse des politiques publiques et du jeu d'acteurs institutionnel, de diagnostic territorial, et d'aide à la décision. Bref davantage que savoir manier des modèles de trafic pour les VRD (compétence mise en haut de liste par MM. Gawsewitch et Salamon), nos diplômés des Instituts d'Urbanisme mobilisent « des qualités tactiques, stratégiques, un grand sens de l'espace et de l'organisation, une dose importante de pédagogie pour expliquer les choses aux élus et aux maîtres d'ouvrage », pour reprendre la (très bonne) formule de Francis Cuillier dans son interview à Télérama.fr (http://www.telerama.fr/formations/urbanisme,9.php).


Je le dis sans détour : il n'y a pas lieu d'accorder le privilège à une corporation d'ingénieurs de s'arroger le droit de définir ce qu'est le métier d'urbaniste. A l'inverse, les instituts d'urbanisme ne sont pas à côté de la profession, ils font partie intégrante de la profession !

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