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Les causes du dumping

Ajouté par SFU Junior le 14 août 2010 à 09:07
en réponse à Le Mc Do de l'étude ?, ajouté par Kenny le 12 août 2010 à 08:35

2 CDD consécutifs de 2 mois, c'est indécent. Le meilleur moyen pour précariser le salarié (pas de droit au chômage). C'est aussi une preuve du manque de vision de certains bureaux d'études privés qui exigent beaucoup du salarié sans contrepartie financière et statutaire. A 1200 euros, on est sur un poste d'assistant d'études, c'est à dire le niveau Licence Pro ou job d'été pour un Master 1ère année. Mais en aucun cas pour un diplômé en urbanisme à BAC+5.
Il faudrait sans doute inscrire ce type de bureau d'études sur une "liste noire".

Mais essayons aussi de comprendre comment nous en sommes arrivés là :

- une organisation professionnelle de l'urbanisme inexistante. Pas de convention collective spécifique des urbanistes dans le privé : que proposent l'ACAD et le CFDU? Rien.

- Un manque de visibilité de l'exercice professionnel de l'urbanisme dans le domaine de l'assistance à maîtrise d'ouvrage pour les missions d'"analyse et prospective territoriale" mais aussi pour celles de "coordination de projets urbains et territoriaux", ces deux missions du référentiel OPQU représentant 60% des débouchés professionnels pour les jeunes diplômés.

- Une planification locale de l'urbanisme émiettée avec des PLU et POS communaux, émiettement qui a deux conséquences néfastes : celui-ci n'incite pas les élus locaux à s'outiller et à constituer une maîtrise d'ouvrage forte en urbanisme ; le cloisonnement municipal de l'urbanisme n'invite pas les élus et les techniciens à avoir une vision stratégique et prospective à la bonne échelle et cantonne donc l'urbanisme dans une fonction strictement réglementaire (en gros, dire ce qui est constructible et ce qui ne l'est pas, faire plaisir ou non aux propriétaires fonciers dans une pure logique clientéliste...)

Il en résulte :

- la faiblesse de l'ingénierie de l'aide à la décision dans le domaine de l'urbanisme, affaiblissement qui se poursuit avec l'éviction des diplômés en urbanisme de la spécialité urbanisme du concours d'ingénieur territorial (le PLU sera piloté par l'ingénieur, l'architecte ou le géomètre expert, avec comme petite main et soutier, un urbaniste contractuel payé à coup de pied dans la figure!)

- l'absence d'une commande publique forte et cohérente pour la définition des missions d'études en urbanisme : les communes n'ont pas l'expertise pour faire les PLU en régie mais elle n'ont pas non plus l'expertise pour définir le cadre de la commande publique. Les cahiers des charges ne sont pas exigeants, ne posent pas les bonnes problématiques. La maîtrise d'ouvrage est inexistante et les élus s'en remettent aux bureaux d'études privés. Point d'urbanistes en situation de direction ou en position de force dans les organigrammes pour leur expliquer qu'un PLU n'est pas une addition de règles, que les POS c'est fini et que le PLU doit être l'expression d'un projet politique. Point d'urbanistes pour leur dire que la bonne échelle d'élaboration du PLU, c'est l'intercommunalité (= peu de véritables directions de l'urbanisme dans les communautés). Point d'urbaniste pour leur expliquer qu'il faut absolument investir sur la matière grise et mettre de l'argent sur la table pour élaborer de bons documents, notamment à l'échelle communautaire où s'élaborent déjà PDU et PLH.

- Un coût des études misérable, car le principal critère de sélection pour les communes dans les appels d'offres est celui du "moins disant" , c'est à dire du low cost.

- des PLU et des POS copiés collés élaborés à la va-vite par des stagiaires, des jeunes diplômés et autres assistants d'études que l'on appelle "chargés d'études" sans en avoir le statut (non cadre, tout juste payé sur la base de la convention syntec...)

- Un urbanisme low cost !

Bref, c'est la politique du PIRE. Celle du dumping social et du low cost.

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