Message archivé :
Ajouté par Carrière le 04 janvier 2011 à 15:04
en réponse à C'est dans les Instituts d'urba!, ajouté par SFU Junior le 01 décembre 2010 à 14:46
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Je ne répondrai pas aux propos injurieux ou diffamatoires de certains, ce sont des armes de faibles et/ou d’ignorants qui ne servent pas la cause de ceux qui les tiennent, ce qui n’est pas grave, mais qui en revanche desservent la cause qu’ils prétendent défendre, celle des instituts d’urbanisme, ce qui est dommage et beaucoup plus ennuyeux. En revanche, je répondrai à tous ceux qui s’interrogent honnêtement sur le bien-fondé d’une formation d’ingénieur en Aménagement à Tours, héritière de celle du CESA. Le projet d’une école d’ingénieurs remonte aux origines –mêmes du CESA en 1969, le biologiste Vincent Labeyrie, le fondateur du CESA, ayant déjà voulu en son temps créer une école d’ingénieurs en aménagement-urbanisme, interdisciplinaire et articulant les Sciences de l’Homme et Sociales et les Sciences de la Nature et du Vivant. A cette époque, le projet n’a pas totalement abouti, car les instances nationales ne concevaient pas de formation d’ingénieur, vraiment ouverte sur les SHS, et sans socle principal en maths-physique-chimie, formant des cadres pour d’autres secteurs que l’industrie. Il faut se féliciter de voir que la Commission du Titre d’Ingénieur a aujourd’hui élargi son point de vue, habilitant des formations comme la nôtre, largement ouvertes sur les SHS, et les autres sciences telles que l’écologie. Je pense aussi à d’autres formations, telle que celle de l’Ecole Nationale Supérieure de la Nature et du Paysage… Ce projet fut porté non seulement par V. Labeyrie, mais par toutes les directions successives du CESA, dont René Perrin, co-fondateur avec P. Merlin de l’APERAU. Il n’aboutit de façon définitive qu’en 2008, après que la CTI ait donné une habilitation complète à délivrer le titre d’ingénieur avec grade de Master, et que l’Ecole ait obtenu le label européen EUR-ACE. Tout ce processus, ancré dans une histoire déjà longue, a été initié bien avant et s’est déroulé indépendamment des avatars concernant le concours d’ingénieur territorial, qui au demeurant pénalise tout autant les anciens étudiants du DA, y compris des promotions récentes. Et d’ailleurs, le DA n’a pas été le dernier à protester contre cet état de fait, mais le Conseil d’ Etat a lui-même rejeté les recours intentés contre l’exclusion du concours des anciens étudiants du CESA/DA. Notre projet reste fondé sur cette conviction d’une interdisciplinarité nécessaire dépassant le seul domaine des SHS. Comment intégrer dans la formation la perspective du Développement Durable dans l’Aménagement et l’Urbanisme sans prendre en compte la biosphère et les écosystèmes, ce qui implique des bases scientifiques indispensables, si on veut dépasser le stade de la rhétorique, ou pire encore du simple discours idéologique ? Comment penser par exemple un projet de trame verte – trame bleue, un projet d’écoquartier, de mobilité douce ou encore de politique foncière urbaine (ce sont là quelques sujets de stages de groupe ou d’ateliers récents ayant fait l’objet de commandes) sans prendre en compte les contraintes et impacts environnementaux de façon scientifique ? Or, une telle perspective pédagogique suppose du temps de formation et des moyens. Le CESA a survécu tant bien que mal en jonglant avec les différents types de diplômes possibles au fil des réformes (MST,IUP, DESS , Magistère à partir de 1988). Mais quand le passage au LMD a été annoncé, il est apparu que la cadre proposé (Licence et Master) ne permettait plus d’assurer les quelques 2000 heures d’enseignement par étudiant, les 38 semaines de stage (de groupe et individuels) et d’ateliers qui existaient déjà, et l’initiation à la recherche. C’est moyennant quelques évolutions dans le contenu des enseignements, mais en conservant l’architecture globale du Magistère, que la formation d’ingénieur a été habilitée par la CTI, laquelle a demandé à ce que soit retenue l’appellation de Génie de l’Aménagement, et, que le recrutement se fasse selon les modalités prévues pour les écoles d’ingénieur . Cela a permis de sauver l’enseignement et la recherche en Aménagement –Urbanisme à Tours qui aurait alors disparu ou serait devenu un petit appendice d’une grosse UFR, sans véritables moyens : le CESA en intégrant l’Ecole Polytechnique de l’Université de Tours (Polytech’Tours), et en devenant le DA, a pu retrouver une existence institutionnelle, des locaux de qualité, un niveau d’équipement remarquable et un budget beaucoup plus important, nécessaires à sa pérennisation. Les évolutions que cela a induit n’ont pas été sans résultats en termes de débouchés (hausse du salaire moyen, forte augmentation des emplois dans le secteur privé : Bureaux d’étude, sociétés d’aménagement…), fort développement des stages de fin d’étude et des emplois à l’étranger (Chine, Canada, Brésil, UE…): aujourd’hui ce sont 60 % des étudiants qui font, soit une mobilité internationale de 6 mois dans un institut étranger , soit un stage de fin d’études hors de l’hexagone. La formation à l’aménagement- urbanisme au sein du DA ne se limite pas à la formation d’ingénieur : c’est aussi le Master Recherche Villes et Territoires, parcours aménagement, le doctorat (12 thèses soutenues ces 2 dernières années en Aménagement de l’espace et urbanisme au sein de l’équipe IPAPE (Ingénierie du Projet en Aménagement, Paysage et Environnement) qui fait partie du Laboratoire Cités, Territoires, Environnement, Société -Unité Mixte du CNRS). C’est encore le Master Recherche en anglais qui vient d’ouvrir sous l’intitulé Master in Regional and Urban Planning et qui accueille des étudiants non francophones. Quant à la question de la solidarité avec les autres instituts, elle peut s’exprimer de plusieurs façons : D’une part, le DA participe et entend participer pleinement aux activités de l’APERAU et y est représenté au sein de son bureau, y compris pour faire évoluer le concours d’ingénieur territorial (ne serait-ce que pour que les étudiants issus de ses autres diplômes puissent aussi y concourir !). D’autre part, l’offre de formation du DA est plus complémentaire que concurrente des autres formations. L’aménagement –urbanisme a tout intérêt à attirer de bons étudiants, ayant de bonnes capacités rédactionnelles et dotés déjà de bonnes connaissances dans des Sciences de l‘Environnement, tels que ceux issus des classes prépa BCPST, que le DA peut accueillir sans difficultés, et qui, pour certains du moins, ne se tourneront pas vers un autre type d’Institut ou une formation de Master. En revanche, lorsque des étudiants motivés provenant d’autres filières de SHS qui ne peuvent entrer au DA, du fait des contraintes de recrutement auxquelles nous sommes soumis (pour l’entrée directe en 3ème année), nous les mettons systématiquement en rapport avec les autres instituts comme je viens de le faire encore la semaine dernière. Enfin, dernier point, si le DA peut sembler atypique en France dans le paysage des formations à l’aménagement-urbanisme, où par tradition les formations d’ingénieur sont assez peu présentes, il n’en va pas de même à l’étranger où nous avons de très nombreux partenaires formant des urbanistes en étant intégrés à des facultés d’ingénierie. |
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