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LES JOURNÉES APERAU

Les Journées APERAU internationale sont tenues à chaque année en un lieu différent. L’hôte de ces journées est un des membres de l’association, et le but est de permettre des échanges intéressants non seulement entre les membres de l’APERAU, mais aussi avec des étudiants et, plus généralement, toute personne ou organisation dont les activités sont liées étroitement à l’aménagement et l’urbanisme. Chaque nouvelle édition des Journées APERAU est consacrée à un sujet d’actualité ou à un thème majeur.

Les Journées APERAU 2013 ont eu lieu à l’Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional, du dimanche 26 au jeudi 30 mai, sous les auspices du Département de la Faculté de Droit et de Science Politique d’Aix Marseille Université (carte disponible).

Cette manifestation prend un caractère particulier puisque la région d’Aix Marseille sera capitale européenne de la culture tout au long de l’année 2013. Ces rencontres permettront de découvrir la richesse et la diversité de ce grand territoire.

Le thème retenu cette année pour le colloque est Aménager les métropoles. Prenez connaissance des enjeux de la question en consultant la section Colloque, ci-dessous.

Dans un monde où les frontières institutionnelles tendent à s’estomper compte tenu de l’extension des villes et de la multiplicité des pratiques habitantes, il s’agira de réfléchir aux outils et méthodes de l’aménagement et de la gestion des métropoles.

Organisée sur 4 jours, accueillant chaque année 200 personnes, ces journées prendront le format suivant :

  • Dimanche 26 mai : réunion des bureaux internationaux et régionaux de l’association
  • Lundi 27 mai : assemblée générale de l’APERAU
  • Mardi 28 mai : journée internationale des doctorants en urbanisme
  • Mercredi 29 mai (journée) et jeudi 30 mai (matin) : colloque international Aménager les Métropoles
  • Jeudi 30 mai (après-midi) : visite de terrain et fin de la rencontre.

Un site internet dédié au colloque a été ouvert début janvier : aperau2013.com/programme.

En souhaitant vous rencontrer nombreux,
Les membres de l’APERAU et toute l’équipe de l’Institut d’Urbanisme et d’Aménagement Régional

En utilisant les liens ci-contre, vous pouvez aussi avoir un aperçu des activités qui ont été tenues lors des Journées APERAU des dernières années. L'IATEUR a publié les actes du colloque des Journées APERAU 2001, sous le titre Les urbanistes et le patrimoine.

En outre, des résumés vous sont offerts, pour les présentations qui ont eu lieu durant le Colloque de l'année 2000. Le sujet abordé était L'urbain, un enjeu environnemental. Le lien : Montréal 2000.

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Colloque Aménager les métropoles : quelles réponses des urbanistes ?

Propositions Jérôme Dubois novembre 2012

Le développement de grandes métropoles, mis en évidence depuis de longues années par la plupart des travaux universitaires, vient interroger le métier d’urbaniste. Il ne s’agira pas ici de revenir sur un phénomène universel, notamment induit par les pressions démographiques d’un monde toujours plus urbain, le développement de la société mobile ou les impératifs de la compétition entre les villes notamment, mais de réfléchir sur les leviers d’action opérationnels dont nous disposons face à cette nouvelle échelle aujourd’hui incontournable.

Les réflexions pourront à la fois porter sur la construction de projets stratégiques globaux, sur la mise en avant de projets métropolitains emblématiques ou de politiques plus sectorielles. La question de l’échelle des projets métropolitains est ici une variable fondamentale.

Trois entrées pourront notamment servir de point de départ à ces réflexions dont l’ambition est de comparer les pratiques, les défis et les expérimentations à la fois au nord et au sud.

1 – Changement d’échelles spatiales

De nombreux phénomènes métropolitains ont été mis en évidence par la littérature récente, et notamment :

  • La décentralisation de certaines activités en périphérie des villes
  • Les nouvelles polarités autour des infrastructures
  • L'habitat toujours plus lointain et diffus
  • Des centres villes qui perdent de la population au profit des marges
  • L'insularisation des espaces naturels et agricoles
  • La course au gigantisme pour exister dans l'économie monde
  • La construction de nouveaux pouvoirs métropolitains

Ces multiples formes de dispersion territoriale, à des échelles et selon des logiques diverses, induisent des réflexions et des modes d’action nouveaux. Il s’agira de réfléchir à la gestion de cette dispersion territoriale dans la perspective d’un aménagement durable. Autrement dit interroger ce dialogue paradoxal entre les enjeux de la ville dense et la métropolisation extensive des territoires.

Un premier débat concerne la multiplication des initiatives visant à travailler à l’échelle des régions urbaines, avec les notions de « Grand » : Grand Paris, Grand Montréal, Grand Bangui, Grand Ouagadougou… sans que ces nouvelles échelles soient nécessairement bien définies.

Le second concerne les formes d’organisations alternatives, voire de résistances à la métropole, autrement dit de considérer la métropole depuis les « marges » en interrogeant les effets politiques de ces changements d’échelles. Bien des pays ont mis des années à construire une représentation partagée de l’échelon communal comme lieu d’expression démocratique d’un projet collectif. A une échelle plus micro on assiste en parallèle depuis quelques décennies à une multiplication des mécanismes de concertation à l’échelle plus fine du quartier, du cadre de vie immédiat ou du projet urbain. Les débats sur la construction d’un projet métropolitain viennent aujourd’hui ajouter une troisième échelle de participation citoyenne qui reste en grande partie à construire pour que la représentation des enjeux dépasse le cercle fermé des élus locaux, des services de l’Etat et des différents experts. Ce point interroge en définitive la naissance d’une identité métropolitaine.

2 – Les outils de l’urbanisme opérationnel traditionnel sont-ils encore adaptés ?

Le double phénomène d’étalement/éclatement urbain et de contraction des finances publiques dans une grande majorité des Etats contribue aujourd’hui à modifier les pratiques et à fragiliser les outils traditionnels de l’aménagement urbain. Dans un contexte où les frontières institutionnelles tendent à s’estomper et où les formes de partenariats public/public et public/privé sont devenues la norme, la construction de consensus politique et d’outils techniques de coopération est devenue incontournable.

Ces phénomènes donnent lieu à de multiples expérimentations qui peuvent être politiques, procédurales ou techniques. Fusions de communes, construction de métropoles institutionnalisées à de vastes échelles, rationalisation des échelons infra étatiques… démontrent la vitalité des expérimentations d’une action publique qui court derrière une réalité économique et sociale qu’elle peine à appréhender. La coordination entre les politiques régionales, les enjeux métropolitains et les projets locaux d’aménagement sont un enjeu majeur quels que soient les pays.

Les contributions pourront également offrir un point d’étape sur la gouvernance opérationnelle face aux enjeux de la qualité urbaine, de la justice spatiale et de la prise en compte des enjeux écologiques. Ces observations sur le meilleur design institutionnel devront néanmoins être appuyées sur des exemples de projets ou de politiques territoriales puisque ce sont les capacités d’un territoire à agir qui sont au centre de nos réflexions.

En effet, si l’échelle du regard change, les enjeux d’un urbanisme de qualité restent centraux. Dans un monde où les aménités territoriales deviennent de plus en plus importantes pour attirer des richesses – emplois/habitat/loisirs - c’est tout le grand territoire qui doit être considéré et aménagé en interrelation. Si la métropole fonctionne comme un tout, composé de parties complémentaires, la question du lien devient centrale. Concrètement, la métropole se construit-elle par le centre ou par les marges ? Comment dans ce dilemme choisir quels publics favoriser, quels investissements collectifs privilégier ?

3 – La technicisation du monde et la construction de sens

Ces réflexions s’appuient également sur le renouveau d’une légitimité technique au plan local, national ou international dans laquelle la culture de l’ingénieur et la recherche d’indicateurs censés mesurer la prise en compte des approches du développement durable par les politiques publiques prennent une place croissante. Dans ces conditions, l’action publique se veut parfois faussement dépolitisante parce que fondée sur des approches techniciennes / rationnelles des problèmes dans lesquelles les choix sont contraints par la multiplication des indicateurs et des dispositifs techniques. La mise en avant des métropoles comme nouvelle échelle pertinente de l’aménagement interroge quant au sens politique à donner à ces vastes ensembles éclatés.

La multiplication de grands projets dictés par les injonctions du développement durable (transports en commun, trames verte et bleue, intensité urbaine, transition énergétique…) parfois éloignés des représentations quotidiennes des habitants est aujourd’hui devenue un enjeu fort des politiques d’aménagement.

De la même façon, ces mutations parfois radicales des façons de faire nécessitent d’importants capitaux qui justifient la place croissante des investisseurs privés dans les politiques métropolitaines dans un contexte de raréfaction des ressources financières publiques. Autant d’éléments qui poussent à analyser les limites de métropoles qui ne seraient que fonctionnelles.

 

 

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