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Colloque Aménager les métropoles : quelles réponses des urbanistes ?Propositions Jérôme Dubois novembre 2012 Le développement de grandes métropoles, mis en évidence depuis de longues années par la plupart des travaux universitaires, vient interroger le métier d’urbaniste. Il ne s’agira pas ici de revenir sur un phénomène universel, notamment induit par les pressions démographiques d’un monde toujours plus urbain, le développement de la société mobile ou les impératifs de la compétition entre les villes notamment, mais de réfléchir sur les leviers d’action opérationnels dont nous disposons face à cette nouvelle échelle aujourd’hui incontournable. Les réflexions pourront à la fois porter sur la construction de projets stratégiques globaux, sur la mise en avant de projets métropolitains emblématiques ou de politiques plus sectorielles. La question de l’échelle des projets métropolitains est ici une variable fondamentale. Trois entrées pourront notamment servir de point de départ à ces réflexions dont l’ambition est de comparer les pratiques, les défis et les expérimentations à la fois au nord et au sud. 1 – Changement d’échelles spatialesDe nombreux phénomènes métropolitains ont été mis en évidence par la littérature récente, et notamment :
Ces multiples formes de dispersion territoriale, à des échelles et selon des logiques diverses, induisent des réflexions et des modes d’action nouveaux. Il s’agira de réfléchir à la gestion de cette dispersion territoriale dans la perspective d’un aménagement durable. Autrement dit interroger ce dialogue paradoxal entre les enjeux de la ville dense et la métropolisation extensive des territoires. Un premier débat concerne la multiplication des initiatives visant à travailler à l’échelle des régions urbaines, avec les notions de « Grand » : Grand Paris, Grand Montréal, Grand Bangui, Grand Ouagadougou… sans que ces nouvelles échelles soient nécessairement bien définies. Le second concerne les formes d’organisations alternatives, voire de résistances à la métropole, autrement dit de considérer la métropole depuis les « marges » en interrogeant les effets politiques de ces changements d’échelles. Bien des pays ont mis des années à construire une représentation partagée de l’échelon communal comme lieu d’expression démocratique d’un projet collectif. A une échelle plus micro on assiste en parallèle depuis quelques décennies à une multiplication des mécanismes de concertation à l’échelle plus fine du quartier, du cadre de vie immédiat ou du projet urbain. Les débats sur la construction d’un projet métropolitain viennent aujourd’hui ajouter une troisième échelle de participation citoyenne qui reste en grande partie à construire pour que la représentation des enjeux dépasse le cercle fermé des élus locaux, des services de l’Etat et des différents experts. Ce point interroge en définitive la naissance d’une identité métropolitaine. 2 – Les outils de l’urbanisme opérationnel traditionnel sont-ils encore adaptés ?Le double phénomène d’étalement/éclatement urbain et de contraction des finances publiques dans une grande majorité des Etats contribue aujourd’hui à modifier les pratiques et à fragiliser les outils traditionnels de l’aménagement urbain. Dans un contexte où les frontières institutionnelles tendent à s’estomper et où les formes de partenariats public/public et public/privé sont devenues la norme, la construction de consensus politique et d’outils techniques de coopération est devenue incontournable. Ces phénomènes donnent lieu à de multiples expérimentations qui peuvent être politiques, procédurales ou techniques. Fusions de communes, construction de métropoles institutionnalisées à de vastes échelles, rationalisation des échelons infra étatiques… démontrent la vitalité des expérimentations d’une action publique qui court derrière une réalité économique et sociale qu’elle peine à appréhender. La coordination entre les politiques régionales, les enjeux métropolitains et les projets locaux d’aménagement sont un enjeu majeur quels que soient les pays. Les contributions pourront également offrir un point d’étape sur la gouvernance opérationnelle face aux enjeux de la qualité urbaine, de la justice spatiale et de la prise en compte des enjeux écologiques. Ces observations sur le meilleur design institutionnel devront néanmoins être appuyées sur des exemples de projets ou de politiques territoriales puisque ce sont les capacités d’un territoire à agir qui sont au centre de nos réflexions. En effet, si l’échelle du regard change, les enjeux d’un urbanisme de qualité restent centraux. Dans un monde où les aménités territoriales deviennent de plus en plus importantes pour attirer des richesses – emplois/habitat/loisirs - c’est tout le grand territoire qui doit être considéré et aménagé en interrelation. Si la métropole fonctionne comme un tout, composé de parties complémentaires, la question du lien devient centrale. Concrètement, la métropole se construit-elle par le centre ou par les marges ? Comment dans ce dilemme choisir quels publics favoriser, quels investissements collectifs privilégier ? 3 – La technicisation du monde et la construction de sensCes réflexions s’appuient également sur le renouveau d’une légitimité technique au plan local, national ou international dans laquelle la culture de l’ingénieur et la recherche d’indicateurs censés mesurer la prise en compte des approches du développement durable par les politiques publiques prennent une place croissante. Dans ces conditions, l’action publique se veut parfois faussement dépolitisante parce que fondée sur des approches techniciennes / rationnelles des problèmes dans lesquelles les choix sont contraints par la multiplication des indicateurs et des dispositifs techniques. La mise en avant des métropoles comme nouvelle échelle pertinente de l’aménagement interroge quant au sens politique à donner à ces vastes ensembles éclatés. La multiplication de grands projets dictés par les injonctions du développement durable (transports en commun, trames verte et bleue, intensité urbaine, transition énergétique…) parfois éloignés des représentations quotidiennes des habitants est aujourd’hui devenue un enjeu fort des politiques d’aménagement. De la même façon, ces mutations parfois radicales des façons de faire nécessitent d’importants capitaux qui justifient la place croissante des investisseurs privés dans les politiques métropolitaines dans un contexte de raréfaction des ressources financières publiques. Autant d’éléments qui poussent à analyser les limites de métropoles qui ne seraient que fonctionnelles. |
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